De Bougy-Villars à Pyongyang en passant par le Luff (ou : l’arrière-train sifflera trois fois)

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A défaut d’être intéressants soyons honnêtes : n’en déplaise à Nicolas Bouvier, pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour être dépaysé Et : Benoît Goncerut n’aime pas le vin du domaine Fischer.

Posons le décor : Vendredi soir, tu finis de bosser au Cinétoile (i.e le cinéma le plus moisi du siècle, et c’est pas peu dire par les temps qui courent, en onze mots : ici tu vois plus de pantalons Kaporal que de bons films) la première personne que t’appelles c’est Benoît qui te demande sans autres si tu peux passer lui acheter des bières à Pronto alors qu’il y a la plus grande collection de magasins étrangers ouverts jusqu’à minuit juste en-dessous de l’appart où il entame sa énième partie de PES avec Alex qui a poussé le vice jusqu’à lui mettre trois victoires dans la face, fort d’une équipe d’Allemagne dont le jeu ne dépassait pas le niveau d’honnêteté de Beckenbauer quand il dit à sa femme qu’il arrête de boire. Sujet clos. Départ pour Bougy-villars.

T’as pas fait cinq minutes dans la voiture que le chauffeur a déjà trouvé le moyen de faire un u-turn d’anthologie devant la centrale de police du Mont sur Lausanne : check ; faut dire aussi qu’il a un pote qui a taggé un poste, à l’aise, heureusement il a pas signé. Trêve de plaisanteries, les gars étaient sérieux dans la voiture : après l’organisation du Fluo-Flash qui fond comme une neige de printemps sur le balcon des gentianes alors que Marcel, allié au soleil, a décidé de faire de la place pour la Sagres suivante (désolé pour l’arbitraire du gars qui pisse), on passe en revue les possibilités d’une olympiade alpestre avec comme sports phares le lancer de la chaussure de ski, la course au snowboard qui fuit et le saut en largeur (quelqu’un a proposé le tir au câble de téléski mais il paraîtrait que ça fait trop « giron ») : véridique.

Pas encore arrivé dans le domaine, t’as déjà épuisé tes talents rhétoriques. Quand y a plus de mots, y a de l’alcool. Et c’est pas Manu qui dira le contraire. Ni une ni deux il a enflammé une table qui forçait largement sur la boisson, ne se rendant même pas compte que J.p bouffait des clopes en lieu et place de soupe à la courge, en ouvrant une bouteille d’alcool légèrement frelaté qui a mis fin à tout espoir de conversation, alors qu’on avait déjà abandonné depuis longtemps la conversation « sérieuse » ; roulement de tambours pour celle qui vient : cette bouteille, Manu, tu nous l’a mise sur le coing de la gueule. Heureusement qu’on a pu aborder des sujets bien graveleux, on a récupéré quelques matelots dans la barque, avinés certes, mais l’oeil ouvert. Et l’oeil ouvert il aurait peut-être fallu le garder plus longtemps si on avait voulu assister à la sortie triomphale d’un Benoît Goncerut qui sur ce coup là n’a rien à envier à Arsène Lupin : plus discret qu’un Charlie Gorgerat qui décide de quitter la buvette parce qu’il doit se lever à 06h le lendemain pour tracer des lignes, moins droites que les rails de chnouf que s’envoie Greg Talbot sur sa carte de membre du Moderne, il a quitté la scène en douce pour éviter d’être honni par Emy qui s’offusque qu’on puisse à ce point là trouver son vin dégueu pour pouvoir partir à 01h alors que les cartons pleuvent comme le bitter au local. Sad.

Comme y a toujours un Goncerut pour en rattraper un autre, J.p a pas manqué de nous démontrer ses talents de fêtard invétéré en dormant une nouvelle fois dans ce qu’on peut décemment appeler le premier container à design écolo-friendly rappelant par a+b que tuer un léopard pour utiliser sa fourrure en décoration, ça vaut définitivement pas la peine. Manque de bol il devait se lever le lendemain pour décider du style de la veste SCJB ; faut pas chialer si vous vous retrouver avec un mélange mauve-kaki-violet-brun sur le dos : le vin rouge ça rend daltonien.

Pour le lendemain, je crois qu’on peut le résumer de la manière suivante : Emy a une très grande maison, des très vieux ancêtres, quelques gars bourrés de la veille qui traînent dans la cuisine, et de la confiture tomate-lavande. True-story. Je mets de côté le nutella Tristan, c’est trop bourgeois pour figurer ici. Je mets aussi de côté Noé, Rattaz, Rima et Sylvain raisons inverses.

Fast forward sur le samedi soir. Une boom rassemblant tous les aspects d’une boom, y compris des gars qui se croient plus cool que les autres et qui finissent par s’exploser des ballons sur les parties intimes devant des filles qu’ils croient impressionnées mais qui préfèrent nettement le gars à lunettes qui parle pas beaucoup mais évite tout autant de mimer des scènes de sodomie homosexuelles sur fond de slow des années 90. Je préfère donner cette version. L’autodérision c’est toujours moins polémique. J’en place une pour Gaëlle qui a lentement vu toutes ses illusions s’effondrer en se rendant compte que les quelques personnes qu’elle a gentiment invité se sont retrouvé dans la scène précédente, ou dans une scène qui se passait dans le jardin, qu’on pourrait titrer : »le vomis sur le hérisson ».

L’apothéose c’est toujours le dimanche soir. T’as aimé ton week-end, tu t’es fait un chocolat chaud au micro-onde qui a faillit te brûler au troisième degré parce que l’expression « soupe au lait », qui pour toi n’avait fait que qualifier un prof de gym de Borex du prénom de Jacques qui, s’il a réussi à amener une amie au plus haut niveau d’athlétisme, avait aussi réussi à pendre des gosses par les pieds aux anneaux, t’étrangler parce que tu foutais le souk dans le local matos, ou répéter six fois de suite « les gars » avec un accent que t’as plus entendu depuis que t’as arrêté de trainer dans le caveau des vieux-lézards au Paléo, vient du fait que le lait, s’il semble calme juste avant son point d’ébullition, a des réactions autant chaotiques quand ce dernier est atteint qu’un type avec des chaussures asics qui incarne à lui seul pas mal de raisons de réformer la formation des profs de sport. Bref, chocolat bu, tu check le programme du Luff et tu te rends compte qu’Alice Arno (héroïne des « karatéchattes » et du fameux « l’arrière-train sifflera trois fois ») incarne le rôle de Margot la sorcière nymphomane, incestueuse et coupeuse de bites, dans le légendaire « la pipe au bois », film porno des années 70, avec en prime des inserts bien hard qui datent de l’époque où les chattes avaient des poils (en masse), et les acteurs masculins pouvaient bel et bien avoir cinquante ans, la bedaine bien affirmée, et une moustache encore plus fournie que l’aisselle de sa partenaire. 13.-, une place au milieu de la salle, et tu apprécies particulièrement les bandes-annonces d’époque qui introduisent les longs-métrages de renom que sont « cette salope de Madeleine » et « elle suce à genoux » ou la scène de rencontre entre le preux chevalier et la sorcière, celui-là qui ne trouve rien de mieux comme excuse pour sa découverte de la tanière de celle-ci que : »je suivais un renard et je l’ai perdu ». C’est un peu du même niveau que le type que tu croises à Sévelin à 03h du mat qui te dit qu’il a oublié son compas à l’école des métiers.

Enfin t’es à la maison. (Sympa le film, au passage). Pour pousser le vice jusqu’au bout, une amie te propose d’allumer ta télé sur m6, et juste après la violence visuelle d’un porno au cinéma, rien de mieux que la violence coercitive d’une dictature en images, le reportage s’intitule : « Dictature paranoia famine, bienvenue en corée du nord ». Des enseignants français visitent une école coréenne. Commentaire : »Les outils pédagogiques sont irréprochables ». Rendons à Serge ce qui appartient à Serge (en l’occurrence un abo de bus et un cd inter-discount) : quand les gosses ne sont pas en train d’apprendre par coeur, pour la millième fois, la vie de Kim-Il Sung, ils ont le droit de jouer sur des carrousels qui ne sont autres que des répliques de Mig. Merci. L’enseignement aussi est irréprochable, chaque individu suit un parcours sans faute du joueur de piano virtuose de 5 ans qui arrive à imiter jusqu’à la gestuelle du maître pianiste au soldat qui pousse le génie jusqu’à réussir à adopter la même cadence de marche, au centième près, que les millions d’autres dans son cas qui passent leur dimanche à parader devant Kim-Jong. On a le même calendrier, mais on n’a pas le même emploi du temps.

En espérant pour vous que vous avez pas lu jusque là, bonne nuit. Les articles c’est comme les soirées au Buzz, qui a parlé de conclure ?

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3 Réponses to “De Bougy-Villars à Pyongyang en passant par le Luff (ou : l’arrière-train sifflera trois fois)”

  1. coup de boule Says:

    Sur fat man!!!!!! haha

  2. Serge Says:

    Une apparition sur le blog du GCC, encore mieux qu’une paru dans le hors-jeux du FC Gingins. Merci

  3. max Says:

    ta pas l’épisode à Bürchen de Ben et moi! putain de w-end de perdu!

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