Cool and Clean

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Refroidis et lave!

For the spirit of sport..

Le slogan des ayatollahs des sports de glisse fédéraux claque comme une mauvaise pub Kinder ou une campagne de l’OFSP. Impératif, faussement tendance et aussi attractif qu’un discours du colonel de la brigade d’infanterie 3.

L’utilisation médiocre du langage jeune et de ses anglicismes les plus démodés montre bien le décalage effrayant entre les adhérents de Swiss Snow Sport, Swiss Olympic, Jeunesse et Sport et leurs dirigeants, ainsi que le mépris de ces derniers par rapport à leurs rôles et aux besoins des sportifs concernés, qui se retrouvent ici assimilés à une bande de jeunes idiots apathiques et veules, qui, grâce à la discipline imposée, ne montreront pas trop de prises d’initiative et de signes d’émancipation, ou pire, d’épanouissement sportif! Tant qu’ils ramènent bien sagement des médailles à la patrie lors des jeux olympiques.

L’idée d’une structure d’encadrement part peut-être d’une bonne intention, mais on est plus en DDR ou dans les Jeunesses Hitlériennes, où les associations de sport étaient avant tout utilisées pour propager une doctrine et produire des jeunes gens dociles et performants. Les enfants et adolescents ont besoin de limites et de repères certes, mais surtout d’un terreau adéquat où faire croître leurs idéaux sportifs, et ce quelle que soit la manière de le concevoir. Le profil requis serait plutôt celui du pédagogue expérimenté à l’écoute du patient et évoluant avec lui en conseiller avisé que celui du fonctionnaire à l’autorité unidirectionnelle, se basant aveuglement sur le saint formulaire de 1932 traitant de la méthode réglementaire de s’amuser et de faire du ski.

On ne résout pas les problèmes à coup d’impositions et d’interdictions mais par le respect mutuel de valeurs communes et l’établissement d’une confiance réciproque. Pour ça, il faut montrer l’exemple..

Mais qui voudrait changer un système si bien rôdé et qui profite à tant de monde? Les dirigeants, entraîneurs et autres personnes travaillant pour l’organisme doivent justifier leurs postes et donc leurs salaires (versé par les contribuables) par des résultats en compétition. On comprend mieux que l’efficacité soit préférée à l’esprit du sport, légèrement malmené mais sois-disant toujours défendu en priorité par les serviteurs des associations en question. Quand aux jeunes sportifs, ils constituent une main d’oeuvre abondante et peu coûteuse Tout cela ressemble tristement plus à une usine de production de poulets en batterie ou de traitement du Nickel à Norilsk.

Mais l’hypocrisie atteint son paroxysme quand l’image immaculée du sportif irréprochable, guidant, tel le patriarche protecteur, les jeunes et fragiles générations capables à tout moment de céder à la tentation du pervers alcool, de la catin cigarette ou pire encore du satanique gros joint de marijuana, est véhiculée par des athlètes dopés aux stéroïdes ou à l’EPO.

Les termes cool et clean tournent leurs vestes pour dévoiler une facette nettement moins reluisante. La définition qui correspond le mieux ici à « cool » est bien la volonté de refroidir, je ne parle pas de la température du fart à utiliser mais du gel de la notion de plaisir, de spontanéité et surtout de la cryogénisation de la moindre tentative d’ajouter un peu de nouveauté et de fantaisie à ce vieux tableau tout gris et déjà bien froid. « Clean » est ici la mince couche de peinture rouge et blanche qui recouvre un édifice bien plus crasseux et rouillé, et qui, lorsqu’on la gratte, découvre esprit de compétition malsain alimenté par les entraîneurs, endoctrination, utilisation perverse de l’effet de groupe, traitements de faveur, culte de la performance à outrance et dopage, au détriment du plaisir et de l’éthique sportive.

Quand le Janka du moment, l’étoile montante Swisscom ou le pantin en moule-burnes aura été relégué pour cause de blessure, aussitôt ignoré par les douze officiels en costard venus à la course manger des petits fours, et remplacé par un autre clone bien formaté. Que sa valeur aux yeux de Swiss Olympic aura chuté à la vitesse de Didier Cuche ou d’une boîte de Daniel Albrecht, quand tous les moutons qui l’adulaient auront changé de berger, la pente qui l’emmenait vers la victoire se sera brusquement inversée, et cette fois c’est sans télésiège, sans préparateur technique, sans Rivella ou Ovomaltine qu’il faudra la gravir, mais avec le regret d’avoir été Cool and Clean.

Pardon pour ce texte aux sportifs qui pratiquent leur sport avec passion et loyauté et aux personnes qui s’investissent réellement au sein des institutions, pour le plaisir et dans l’intérêt des jeunes, pour un sourire et non une médaille. Changez de structure ou créez-en une autre.

GCC-02, cool and clean, for the spirit of sport.

Pour plus d’info sur la catastrophe, il y a même une chanson de propagande:

http://www.coolandclean.ch/fr/desktopdefault.aspx

Et pour ceux qui ont (auront) des enfants, envoyez-les plutôt au meilleur club de ski et de snowboard de Suisse, ces jeunes gens-là cultivent les notions de plaisir et d’école de vie avec une certaine classe:

http://www.scjb.org/

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Une Réponse to “Cool and Clean”

  1. Séb G Says:

    Ski plaisir ou ski médaille ? Si les deux disciplines peuvent sembler proches, elles ont tout de même des différences de taille.
    La performance et la technique recherchées dans les structures de ski alpin n’a d’égal bien souvent que la frustration du jeune skieur qui, malgré la quantité de travail et l’engagement fourni, ne peut rivaliser avec les 3 personnes exceptionnelles qui seront sur le podium. Mais c’est le prix de la performance : beaucoup de gens, peu de place, peu de gens.
    Je pense qu’il faut relativiser cela en se disant que celui qui n’est pas lui-même un « fan de ski » ne supportera pas les doses de travail qu’une équipe nationale de ski peut endurer.
    L’important je pense est de ne pas se tromper de voie. Les personnes à la fois compétitrices et qui savent faire preuve d’abnégation seront à l’aise dans les structures proposées. Pour tous les autres, ceux pour qui le ski n’est pas synonyme de centième, d’acharnement ou de couleur de fart, il y a largement de quoi s’amuser, mais il est vrai, les structures sont parfois difficiles à dénicher. Mais a-t-on vraiment besoin d’une structure pour s’amuser ? Un peu d’école de ski pour apprendre les bases à la rigueur, et puis ensuite… la montagne est grande. Il y a de quoi faire pourvu qu’on se trouve quelques potes sur la même longueur d’onde.
    La malaise réside à mon avis dans des dirigeants qui ne prennent pas en compte le panel entier des skieurs et qui sont suffisamment obtus pour ne pas s’apercevoir qu’il y a quelque chose ailleurs que dans la performance.
    Je ne permettrai toutefois pas de décrier les athlètes eux-même pour qui mon respect est immense. Un Didier dans une descente de coupe du monde, ça laisse rêveur.

    ps : (le freestyle aux JO ? continuer son émancipation ou tuer ses fondements ?)

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