Deux poulycroqs sauce Dallas !

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Deux poulycroqs sauce Dallas !

Georges Brassens est belge, et il traîne sur l’avenue Louise. « – C’est où la place Flagey ? – Alorrrs là ça pose un p’tit prrreublème ».

Merci Giorgio, sans toi on aurait économisé trois quarts d’heure ; on aurait pas non plus eu besoin de se faire arnaquer par le seul chinois de Belgique à vendre des plans de la ville à trois euros sur lesquels tu vois que la porte de Namur.

Bruxelles c’est bien, la place Flagey c’est mieux. N’en déplaise aux éternels bourlingueurs armés de prospectus plein les poches, le seul qu’on a acheté c’était une arnaque, et le guide le plus fiable reste, somme toute, la bière et les friteries. Comme la meilleure friterie était à Flagey, c’est le seul endroit de la ville qu’on a vu (et c’est bien à cause de la friterie, surtout pas parce que « LA COPINE à MANU » habitait deux rues plus loin et que le week-end s’est entièrement matérialisé autour de ses pérégrinations artistiques (sans rancune Manu ; on te l’accorde, on n’était pas très inventif au niveau des déplacements).

Ce paragraphe en amène deux autres. A l’ordre du jour : 1-la fameuse place Flagey, appelée aussi centre européen (classé au patrimoine mondial de l’Unesco) de la pédophilie du dimanche. 2-les spectacles de cirque bruxellois, appelés aussi expositions mondiales des dernières trouvailles en science du préservatif géant.

1-Sans conteste LA plus belle place du monde. Ici, venez apprécier votre Duvel-Poulycroq-Brochette tzigane, dans un cadre fantastique où le béton brut se marie sans acros (on parle pas de l’addiction à l’huile de friteuse) avec les fontaines implantées à même le sol dans une épiphanie de post-Duchamp qui vise à imiter, consciemment s’entend, des canalisations trouées qui remontent de sous la surface pédestre pour arroser ni plus ni moins quelques centaines d’enfants (nus soi dit en passant, nous sommes à Bruxelles, je vous le rappelle) qui courent au milieu des vieux roublards à gants de cuir, bonnet de cousteau, de style, quant à eux post-église-catholique-romaine-suspectée-d’affaires-bizarres-avec-les-enfants. Flagey c’est des trous dans le sol, Dutroux dans l’air.

Forcément aimantés par tant de rêve grandeur natur-iste, nous sommes restés la quasi entiereté de notre temps le cul posé sur une sorte de banc en bois, avec une sorte de paquet de frites planté dans les mains, et une sorte d’histoire drôle de la part de Ben (prénom d’emprunt).

Trêve de plaisanterie, Bruxelles c’est une place où tu chilles, mais c’est aussi un spot où tu te cultives. Un spectacle de bonne qualité laisse inexorablement place à une critique de qualité meilleure (citation tirée du « manuel de l’énorme sac à foutre », trouvé, comme par miracle tant le lieu ne laissait pas attendre une telle découverte, dans le sac d’un des cinq compères du voyage dont nous taisons le nom de Marcel Perrin pour plus de rigueur documentaire ; on a appris, de source fiable qu’il l’avait reçu à sa naissance et qu’avant de savoir lire c’était déjà son livre favori, avec la biographie du Père Fourras, et les lettres de Hailé Sellasié 1er à sa femme Gertrude Gerber). Comme une bonne critique, c’est une critique brève je n’utiliserais qu’un adjectif pour qualifier tout le spectacle : équilibré. L’équilibre c’est le grand arcane du cirque bruxellois. Équilibre entre bonne musique et James Blake, équilibre dans des cerceaux, sur une tringle de rideau géante, sur un trapèze, main dans la main au-dessus du vide, sur des cerceaux, à travers des cerceaux, sans les cerceaux, et enfin, dans la toute nouvelle invention de Ceylor : une capote géante à l’utilisation des inséminations inter-bâtiment dans le cadre du nouveau projet urbanistique de Marcel, le bien nommé « contraception des autoroutes de centre-afrique – pour une meilleure utilisation des fonds publics ; on rappelle que le titre provisoire était : pourquoi construire des routes, quand certaines personnes ont l’argent de prendre l’hélicoptère ». Équilibre donc, nous disions, dans le spectacle. Mais le théâtre étant la chose la mieux répartie du monde (bien sûr, comment choisir qui est acteur et qui ne l’est pas après la révolution opérée par le ready-made dans le monde des arts) équilibre aussi entre la représentation officielle, par les élèves de l’école, et la représentation improvisée au café, par les débiles mentaux venus voir le spectacle. C’est donc avec une légitimité totale (pour équilibrer les belles couleurs, les belles images, les beaux petits culs etc, de la première partie) que nous avons pris possession des lieux, ET d’un pistolet de facture pakistanaise avec laser intégré, roulement à billes, et sons de G.I pré-enregistrés, pour animer une buvette qui n’avait besoin de rien moins qu’une équipe de joyeux lurons avinés qui reproduisent à l’échelle 1/1 la plus belle victoire des viet-congs sur des américains foncedés au crack.

Bref, pour conclure cette chronique imbuvable, il me reste à parler de la nouvelle auto-proclamation d’un empereur centre-africain en la personne de Jean-Bedaine-Mocassin-Perrin, qui pour la première fois de l’histoire de l’humanité (après Jordie qui avait rêvé souvent, on le rappelle, de sortir trois tubes à 9 ans et de finir sur une overdose de cocaïne à 18 : chose accomplie avec brio) réalise SON rêve le plus fou qui était de se laisser pousser des locks, de s’acheter une djelaba trop grande, un aigle en plastique doré, et de finir ses jours dans une bourgade de cents âmes au milieu de la cambrousse pour vivre de viande de chèvre, sucer des racines de manioc et diffuser, moyennant des sommes abordables mais chères (c’est la loi d’une arnaque qui fonctionne), ses connaissances en yogging et en tantra-vaudou à une population rendue crédule par le système éducatif qu’il aurait mis en place au début de son règne, prenant soin de faire licencier toute personne capable d’esprit critique sur son statut politique flou, et la qualité de sa nouvelle coupe de cheveux.

« Hé Pomas, tu me mets un poulycroq sauce Dalas, avec une grande frite samouraï ! »

Blague à part : quelle est la différence entre un belge et un autre (hormis son emplacement quotidien à la place Flagey, bande de petits malins!) ? Réponse : sa sauce à frites préférée.

N.b : la réponse qui consiste à dire que la différence entre deux belges c’est leur bière préférée est erronée ; le belge préfère la bière EN GENERAL, et c’est pareil pour tout le monde.

Le butin du week-end et le pistolet homéopathique (médecine pakistanaise)

La nouvelle copine à Elliot: une polak de 50 ans qui t’accoste par un « ola guapo ». On se refait pas, encore moins un week-end à Bruxelles.

La ville de Bruxelles, plus rapide pour remplacer sa signalétique que pour reformer un gouvernement.

Tom à la 3ème mi-temps du spectacle de cirque, moins de monde qu’à la Buvette à Gingins.

« Quoi vous voulez pas connaître l’histoire des moines trappistes?! »

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