Athènes : des céramiques aux tags de rue (ou : deux ouzos, sans eau, meparo). Vol°1

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Premier jour en Grèce ; Athènes 40° à l’ombre, bruits, tags, agitation – population feminine : 70% de canons – aucune justice sur terre, la Grèce est le pays des proportions scandaleuses : trop d’ouzo, trop de générosité (dans les formes physiques et les échanges), pas assez d’ombre.

Premier jour en Grèce, donc. Arrivés à Fivos, petit hotel très propre, près de Monastiraki : climatisation, sieste sur les canapés, petites derives infantiles à base de pelures d’oranges au déjeuner. On sort pour chopper à bouffer, on choppe une cuite. Mais la fête a officié sous couverture d’Hermès : rien vu venir. L’ivresse est une voleuse. On se dirigeait vers Gazi, quartier de fête, paraît-il, on tombe sur un traquenard à l’odeur de guitare et d’anis. Sur le chemin de Gazi, on passe à côté d’une ruelle d’ou émergeaient quelques notes de Sirtaki ; topo : on est restés cinq heures assis à la même table. Les grecs sont très amicaux ; preuve par l’exemple. Pas plus de cinq minutes assis, on a déjà parlé à toute la famille qui tient le bar, et leurs potes qui n’en sont pas à leur première Mythos (bière locale). Les Grecs sont beaux, leurs filles sublimes. « On regarde, mais on touche pas » nous conseillera une tenancière dans le village suivant ; heureusement pas d’entreprise le premier soir, trop occupés à caresser nos ouzos.

Deuxième jour, direction Aegina, petite île à une heure d’Athènes. Les ports grecs c’est Bagdad : des scooters partout, chargés d’objets divers, des voitures, des piétions, mélangés dans un joyeux bordel où l’absence de signalisation n’a d’égal que la quantité de bruit. Le bateau qui nous mène du Pirée à Aegina possède deux ponts extérieurs, pas de cabines. Ca fume sur mer, c’est beau. Les mouettes planent, le soleil brille, deux touristes suisses ont un sourire impossible à éteindre sur des tonnes d’acier repeint à l’odeur de fioul.

Aegina possède son lot d’être humains, de vrais êtres humains ; des gens à qui l’on parle, qui nous répondent, qui se souviennent de notre prénom d’un jour à l’autre, qui nous conseillent des tavernes, des auberges, d’autres êtres humains. Trouvé une chambre pas trop chère, direction restaurant : pâtes italiennes, rien de plus. C’est le temps de retourner à la tradition locale, donc ouzo, ouzo, ouzo, mais du bon, avec des petits concombres, des mezzes, comme ils disent, du fromage, des olives, une plage, des jolies filles qui passent. On se déplace, on passe devant deux boîtes de nuit qui ressemblent à des chenils pour pseudo-riches en vacances. On cherche encore. Dans une petite ruelle, rien d’indiqué, on tombe sur une boîte locale. Locale signifie : écart d’âge de dix à huitante ans, concert live, que des grecs, bien sûr, et une super tradition qui consiste à lancer des pétales de roses sur les musiciens, ou sur n’importe qui, finalement. La dépense.

Les Grecs dépensent. Ils dépensent trop, probablement. Mais qu’est-ce que la vie sinon cette dépense outrancière, perpétuelle, déraisonnable ; on n’est pas loin , somme toute, d’une destruction rituelle de l’excès de biens accumulés par le travail, dans une orgie religieuse. La Grèce en crise financière ? La Suisse en crise sociale. Je pense que nous faisons face, aujourd’hui, à une distinction bien plus profonde que cette vieille coupure Nord/Sud ; certains pays thésaurisent, d’autres dépensent, certains pays visent l’argent, d’autres la vie.

Bref, quelques joyeuses heures dans ce bar local, avant d’atteindre le sommet de notre séjour à Aegina. On tombe sur un bar d’où sortent des notes de musique commerciale (et oui, les Grecs ont beaucoup de qualité, tout en adorant parfois la musique mainstream). On entre, grosse ambiance à l’intérieur – j’apprends plus tard que le lieu est une ancienne banque ; devises au plafond, guichet reconverti en bar (c’est dire si le développement sociologique ci-dessus se confirme dans les faits : à quand l’UBS de St-François reconvertie en lieu de culte aux puissances nocturnes ?) – mais c’était sans compter la terrasse. Magnifique terrasse, naturellement cerclée d’arbres aux fleurs roses. On s’assied, et trois ouzos plus tard (compter environ 30 minutes) une jeune fille nous approche, Marion. « Where are you from ? » Question préférée des gens d’ici, juste avant le : « pos se lene ? » Et ça les intéresse vraiment ! Marion-Vincent-Elliot, enchanté ! Ah et voilà Niko, Mario, Viena, et d’autres prénoms dont, n’ayant pas la mémoire humaine des Grecs, j’ai l’impolitesse de na pas me souvenir. Le bar ferme. Niko et Viena nous invitent à les suivre. Direction le bar suivant, qui fermait malheureusement à l’instant. Puis c’est boulangerie et retour, en voiture s’il vous plait ! conduits jusqu’à notre hôtel par la très généreuse Viena : « Call me tomorrow, I’ll show you a nice beach » « Don’t worry, we’ll do it ».

Next day : Viena nous amène à la plage. Et pas n’importe laquelle. Berlin s’est delplacée en Grèce. Petite plage, pas plus de trente personnes, en capacité. « Voilà le patron de la plage (un trentenaire extrêmement avenant, qui nous accueille d’une poignée de main), vous commandez ce que vous voulez, il vous l’apporte, vous payez à la fin. » Merci, merci Viena. La plage est une petite crique, quelques parasols, gratuits, des Dacos, des frappés, des Mythos, des clopes. Derrière nous cinq enceintes entassées à l’arrache, qui crachent les Doors, Michael, Coltrane, Miles et de la dub comme on en fait plus (merci mon Dieu, cette fois). Cinq heures ici c’est cinq minutes, et il faut y aller. Viena : efkharisto poly !

Retour au Pirée. Juste le temps de passer dans un internet café, avant le bateau suivant, pour Amorgos. Rencontre avec Dimitrios, un jacobin grec, qui nous parle de Robespierre, de la révolution française, et de la différence, dans les deux épopées d’Homère, entre Hélène, la mer dans son agitation tumultueuse, et Pénélope, le calme des flots : « you know, my wife is both of them ». Dimitrios demande à une cliente : « Where are you going ? » « To Santorini » « Why ? Why do you go to Santorini ? » « Heu, I don’t know » « Don’t go there, it’s a fucking volcano !! ». Haha.

Le bateau pour Amorgos est immense. Ambiance populaire, beaucoup de Grecs. Ca fume partout, ça dort tout autant. Je m’arrange deux sièges sur le pont supérieur, abrité, je m’endors bercé par le roulis, et George Clooney qui s’est mis au grec, à la télé. Kali nikta !

« Passengers to Amorgos ! » Cinq heures du mat, un peu la tête dans le cul. On sort du bateau, on s’assied à la première terrasse, encore nuit. On attend que le bateau ait vomi tous ses passagers. On loue un scooter. Et c’est parti !

(…)

 

 

 

 

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